UN PRIEURE UNIQUE

Peu de choses subsistent de l’Ordre de Grandmont. Ermites, ne tenant pas d’écrits, et disparus en 1772,  rares sont ceux qui se souviennent encore de ces moines stricts et austères.

Et pourtant, tout proche de Lodève, le Prieuré Saint-Michel de Grandmont reste. Il est le dernier monastère sur les 160 que comptait l’Ordre de Grandmont à avoir été conservé dans son intégralité. Il est l’unique exemple complet de l’architecture simple et dépouillée grandmontaine, dans l’esprit des moines de cet Ordre méconnu.

L’ORDRE DE GRANDMONT

L’Ordre de Grandmont est un ordre érémitique (ermite) fondé par Étienne de Thiers, fils du vicomte Étienne II de Thiers et de Candide (ou Blanche). Étienne nait en 1046 et il est confié à 12 ans au doyen du chapitre de Paris. Lorsque celui-ci est nommé évêque de Bénévent en Italie, Étienne le suit. A son retour, quelques années plus tard, après avoir vécu auprès de moines calabrais, Étienne abdique en faveur de son oncle Guillaume et s’installe au pied des monts d’Ambazac, à 20 km de Limoges, dans le duché d’Aquitaine. Il fonde alors l’ermitage de Muret, vers 1076.

Cette période est marquée par la création de plusieurs communautés monastiques de réforme : ainsi, en 1084, Bruno fonde la Chartreuse et en 1098 Robert de Molesmes fonde l’abbaye de Cîteaux.

Étienne meurt vers 1124 et sa mort provoque l’exode de ses fidèles vers le plateau de Grandmont à quelques kilomètres de là. L’église construite sur ce lieu deviendra l’abbaye-mère et le plateau donnera son nom à l’Ordre, l’Ordre de Grandmont.

Ce dernier s’étendra par la suite durant tout le Moyen-Âge, et l’Abbaye-mère commandera environ 160 celles réparties essentiellement dans le grand sud de la France, quelques-uns en Espagne et en Angleterre, notamment grâce au mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henry II d’Angleterre.

L’Ordre de Grandmont se distingue par ses règles, réputées comme les plus austères du Moyen Age. Ils marchent pieds nus, ne vivent que de dons, ne mangent pas de viande et ne se chauffent pas.

De nombreuses crises disciplinaire viendront bousculer l’Ordre durant les siècles d’existence de celui-ci, qui nécessiteront l’intervention des papes. Malgré plusieurs réformes, de plus en plus de moines quittent l’Ordre de Grandmont pour se diriger vers des Ordres moins austères. Les effectifs viennent tant à manquer qu’en 1772, l’Ordre est dissous. Le Prieuré Saint-Michel est alors rattaché à l ’évêché de Lodève et les deux derniers moines partiront en 1785.

UNE ARCHITECTURE EPUREE

L’architecture grandmontaine reflète l’esprit des moines de cet Ordre : peu d’éléments de décoration, une grande partie des murs nus, sans sculpture, ni fresques.

Si le Prieuré est de dimension modeste dans son ensemble, son église, premier élément construit au XIIe siècle, se distingue par ses proportions: longue de presque 28 mètres, large de 6.70 mètres et haute de 11 mètres! Elle se compose d’une nef unique et d’une abside voutée en cul de four surmontant trois ouvertures profondes et égales, le triplet.

LE DERNIER CLOITRE DE L’ORDRE DE GRANDMONT

Le cloître du Prieuré Saint-Michel de Grandmont est le dernier complet des monastères de l’Ordre. C’est également dans cette partie du bâtiment que le visiteur attentif remarquera nombre de détails.

En effet, à bien y regarder on découvrira quelques décorations sur les chapiteaux des colonnes des galeries, motifs végétaux et géométriques notamment. On y trouvera également la base de l’ancienne fontaine, et plus encore, dans la galerie orientale du cloître, un tailloir «crénelé de onze entailles », dont la première est plus petite que les autres. Il s’avère que cette unité n’était rien de moins que la coudée du cloître de Grandmont!

A VOIR EGALEMENT

La visite ne s’arrête pas là! Découvrez aussi la chapelle Saint Michel du XIVe siècle, les tombes wisigothiques du Ve – VIe siècle, l’ancien cimetière des moines, les terrasses panoramiques, et bien-sûr, la balade dans le parc mégalithique!

LE DOLMEN DE COSTES-ROUGE

Il est le point phare de la visite du Parc mégalithique. Il doit son nom à l’occitan, Coste-Rouge signifiant « côte rouge » dû à la couleur rouge de la pierre du tumulus. Populairement appelé « Grotte aux Fées », ce vestige néolithique a été classé Monument Historique en 1887, l’un des premiers dans la région.

Vieux de 2500 ans avant Jésus-Christ, ce dolmen est réputé pour ses particularités : sa forme, qui nous fait penser à un champignon, et son ouverture centrale en forme de porte de four.

La légende raconte que les moines auraient utilisé ce dolmen pour prodiguer des soins. Le Point de vue y est également exceptionnel, le regard s’ouvrant sur la vallée du Salagou et le Mont Liausson en face, et le volcan inactif du Brandou à l’arrière…